Attention, coup de coeur en vue.
Il y a quelque chose de profondément intime dans le fait de se laisser photographier. Pas simplement de se montrer, mais d’accepter d’être regardée. De laisser quelqu’un poser les yeux sur nous, sans savoir exactement ce qu’il verra, ce qu’il retiendra, ce qu’il trouvera beau.
Mélanie est venue chez moi pour vivre cette expérience. Et je crois que, bien au-delà des photographies que nous avons créées ensemble, c’est cette histoire de regard qui me reste en tête.
Pour la petite histoire, j’ai rencontré Mélanie parce qu’elle avait offert un shooting à son amie Marine, avec Lilou et Niki. Cette rencontre, elle m’a bouleversée, pour plein de raisons. Et j’en parle mieux ici : https://hoopdesbois.com/2025/10/21/shooting-canin-niki-le-coeur-qui-court-encore/
Cette fois, c’était au tour de Marine d’offrir une séance à Mélanie. Boum Boum.
Et si on arrêtait de se regarder avec les yeux des autres ?
J’ai lu le message de Mélanie plusieurs fois après notre séance. Il y avait tant de choses dans ses mots, tant de justesse, que j’ai eu envie de les garder ici, avec ses photographies.
Elle m’a écrit :
« Le message le plus profond que j’ai appris, dernièrement, c’est l’importance de se regarder à travers nos yeux et pas se construire dans ceux des autres. Apprendre à se réapproprier notre image, avec douceur, surtout. »
J’aimerais qu’on puisse mesurer tout ce que cela représente.
Depuis combien de temps nous regardons-nous à travers des critères qui ne sont pas les nôtres ? Depuis combien de temps avons-nous appris à identifier nos défauts ? À connaître par cœur les angles qui nous dérangent, les parties de notre corps que nous préférons cacher, les détails que nous voudrions changer ?
On peut passer des années à vivre dans son corps sans vraiment réussir à le regarder avec tendresse.
On sait ce qu’il faudrait dissimuler. On sait comment se placer sur une photo pour se sentir un peu plus à l’aise. On sait sourire tout en pensant à ce que l’on aimerait modifier chez soi.
Je ne crois pas qu’une séance photo puisse effacer des années de doutes. Je ne crois pas non plus qu’il suffise de se voir en photo pour apprendre à s’aimer. Ce serait trop simple, et ce serait surtout oublier tout ce qui se cache derrière notre rapport à notre image.
Mais je crois aux petites choses. À la possibilité de découvrir ce que l’on n’avait pas remarqué. À ces images qui ne nous demandent pas d’être différentes, mais qui nous permettent peut-être de nous regarder autrement.
Pour nous rappeler que nous méritons de la douceur, même lorsque nous ne savons pas encore nous en donner.
Je ne veux pas que tu aies besoin d’être une autre femme
Il y a une chose que j’aimerais que chaque femme qui vient me voir puisse comprendre : elle n’a rien à prouver ici. Elle n’a pas besoin de savoir poser. Elle n’a pas besoin d’être à l’aise avec son corps, de se sentir particulièrement jolie ce jour-là ou d’avoir déjà parcouru tout le chemin vers l’acceptation de soi.
Elle peut arriver avec ses hésitations. Avec les parties d’elle qu’elle aime et celles qu’elle n’arrive pas encore à regarder. Avec son histoire, ses blessures, ses contradictions. Elle peut parler beaucoup ou presque pas. Elle peut rire, pleurer, changer d’avis. Elle peut avoir besoin de temps.
Je ne veux pas lui demander de devenir une version plus séduisante, plus assurée ou plus conforme à ce que l’on attend des femmes. Je veux lui laisser la place d’être celle qu’elle est aujourd’hui.
C’est pour cela que je reçois les femmes chez moi. Parce que j’aime cette proximité, ces conversations qui prennent leur temps, cette impression de se retrouver entre femmes plutôt que de venir répondre à des attentes.
Après notre séance, Mélanie m’a écrit :
« Tu as ce don pour nous donner l’impression de partager un moment doux avec une amie. Merci de nous accueillir chez toi, dans ton intimité et de nous offrir cette écoute, cet espace d’échange et de bienveillance et d’accueillir si simplement la vulnérabilité. »
Ses mots m’ont touchée. Parce que c’est exactement ce que j’aimerais offrir à travers ces séances.
Un endroit où l’on n’a pas besoin de faire semblant que tout va bien. Où l’on n’a pas besoin de se justifier. Où l’on peut être vulnérable sans que cela devienne une faiblesse à corriger.
Un endroit où l’on a le droit d’être simplement humaine.
Nous aimer dans les endroits où nous avons appris à nous rejeter
Mélanie m’a aussi écrit cette phrase :
« S’aimer dans toutes nos facettes, dans les jolies, dans nos blessures et nos failles. Ne pas être en conflit avec nous-mêmes. »
Je crois que c’est l’une des choses les plus difficiles que nous ayons à apprendre.
Nous savons souvent aimer les autres avec une immense générosité. Nous savons trouver les mots pour rassurer une amie, accueillir les fragilités de celles que nous aimons, leur rappeler qu’elles sont belles, qu’elles sont capables, qu’elles ont le droit de ne pas aller bien.
Nous savons voir leur courage là où elles ne voient que leurs hésitations. Leur beauté là où elles ne voient que leurs défauts. Leur force dans des moments où elles se sentent complètement perdues.
Et puis, lorsqu’il s’agit de nous-mêmes, quelque chose change.
Nous devenons moins patientes. Plus sévères. Moins justes.
Nous nous demandons d’être plus fortes, de mieux faire, de nous remettre plus vite, de ne pas montrer certaines failles. Nous nous parlons parfois d’une manière que nous n’accepterions jamais envers quelqu’un que nous aimons.
Pourquoi est-ce si difficile de nous offrir cette même tendresse ?
Je n’ai pas de réponse toute faite. Je ne crois pas non plus qu’il existe un moment où l’on arrive enfin au bout du chemin, où l’on ne doute plus jamais, où l’on se trouve belle en toutes circonstances.
Peut-être que s’aimer, ce n’est pas cela.
Peut-être que c’est apprendre à ne plus se punir pour les jours où l’on doute. Cesser de conditionner notre affection à notre apparence, à nos réussites ou à la façon dont les autres nous perçoivent. Accepter que certaines parties de nous aient encore besoin de temps.
Et continuer, malgré tout, à se traiter avec respect.
Pas demain, quand nous aurons changé.
Aujourd’hui, avec ce que nous sommes.
Je suis de celles qui doutent. Toujours. Sans cesse. De celles qui vivent les marées, les tempêtes et les accalmies. Je remets en question, encore et encore. Mais j’essaye d’être plus douce, aussi, envers moi. Envers la tumultueuse moi. Envers ce corps, envers cette tête pleine de contradictions, de vent et de vagues. Et je me dis que c’est déjà quelque chose.
Les femmes qui nous apprennent à nous aimer
Mélanie parle des femmes qui l’entourent. Des femmes fortes, solaires, spirituelles, courageuses, battantes. De celles qui l’inspirent, la font réfléchir et l’accompagnent vers la plus jolie version d’elle-même qu’elle ait connue jusqu’ici.
J’ai été particulièrement touchée par ces mots.
Parce que je crois profondément à ce que les femmes peuvent s’apporter les unes aux autres.
À ces liens qui nous aident à grandir, à remettre en question ce que nous pensions immuable, à oser prendre une place que nous n’aurions jamais imaginé occuper. À ces femmes qui nous tendent la main sans nous demander de leur ressembler.
Celles auprès desquelles nous pouvons déposer les armes. Celles qui ne cherchent pas à nous rendre plus faciles à comprendre, plus lisses, plus conformes. Celles qui nous aiment aussi dans nos contradictions.
Je crois que nous avons besoin de ces espaces-là. De ces relations où nous n’avons pas à nous diminuer pour être acceptées, ni à prétendre être invulnérables pour être respectées.
Et j’aime l’idée que Femme, je nous aime puisse, à sa manière, faire partie de ces rencontres.
Je ne prétendrai jamais changer la vie d’une femme en quelques heures. Je ne sais pas ce qu’elle emportera avec elle, ni ce que les photographies viendront réveiller ou apaiser. Ce chemin lui appartient.
Mais je peux lui offrir ma présence, mon écoute, mon regard. Je peux accueillir ce qu’elle choisit de me confier et essayer de lui rendre des images dans lesquelles elle puisse se reconnaître, peut-être même découvrir quelque chose qu’elle n’avait jamais pris le temps de voir.
Et parfois, c’est déjà beaucoup.
Garder une trace de la femme que nous sommes aujourd’hui
Il y a une autre phrase de Mélanie que j’aimerais garder ici :
« Je me suis offert un nouveau regard sur moi, celui qui permet à la discrétion et au silence de faire le plus joli des bruits. De cultiver la profondeur, et d’être à l’aise avec l’idée d’être inconfortable ailleurs. »
Je trouve cela beau, cette idée de s’offrir un regard.
Comme on s’offre du temps. Comme on s’offre une journée sans avoir besoin de la justifier. Comme on s’autorise quelque chose qui n’est pas destiné à quelqu’un d’autre.
Une séance Femme, je nous aime n’a pas besoin d’être un cadeau que l’on reçoit de son amoureux, une étape à célébrer ou une récompense après avoir atteint un objectif. Elle peut simplement être un cadeau que l’on se fait à soi-même.
Pour se retrouver. Pour marquer un moment de sa vie. Pour garder une trace de son corps tel qu’il est aujourd’hui, de son visage, de sa façon de rire, de sa manière d’occuper l’espace.
Parce que nous passons beaucoup de temps à attendre.
À attendre de nous sentir prêtes. D’être plus à l’aise. D’avoir davantage confiance. D’aimer un peu plus notre reflet. Nous remettons parfois à plus tard les choses que nous aimerions vivre, comme si nous devions d’abord devenir suffisamment bien avec nous-mêmes pour y avoir droit.
Mais cette femme que nous sommes aujourd’hui mérite elle aussi d’être photographiée.
Pas uniquement celle qui aura dépassé ses peurs. Pas uniquement celle qui aura fait la paix avec son corps. Pas uniquement celle qui saura se trouver belle sur chaque image.
Celle d’aujourd’hui. Celle qui essaie, qui apprend, qui avance à son rythme. Celle qui porte encore des blessures et qui, malgré elles, continue de vivre, d’aimer, de rire et de rêver.
Je voudrais que les photographies puissent lui rappeler qu’elle était là. Qu’elle a existé exactement ainsi. Qu’elle n’avait pas besoin d’attendre une version future d’elle-même pour mériter d’être gardée en mémoire.
Merci, Mélanie
À la fin de son message, Mélanie m’a écrit :
« Je suis heureuse d’avoir pu te compter parmi ces femmes qui m’accompagnent dans ce cheminement, même si c’était le temps d’un instant. C’était un très bel instant que tu me permets de garder précieusement pour longtemps. »
Je crois que je pourrais difficilement trouver de plus jolis mots pour raconter ce que représente ce projet pour moi.
Mélanie, merci de m’avoir accordé ta confiance. Merci pour ta sensibilité, pour la profondeur de tes mots et pour ce que tu as accepté de partager avec moi. Merci de m’avoir rappelé qu’au-delà des images, il y a tout ce qui se joue dans le fait de se laisser voir.
J’espère que tu continueras à cultiver ce regard qui t’appartient. Que tu sauras reconnaître en toi la force que tu admires chez les femmes qui t’entourent. Et que tu t’accorderas, même dans les moments où ce sera plus difficile, un peu de cette bienveillance que tu offres si naturellement aux autres.
Tu n’as pas besoin d’être arrivée quelque part pour être fière du chemin parcouru.
Et si ces photographies peuvent t’aider, un jour, à te regarder avec un peu plus de douceur, alors je serai heureuse qu’elles aient trouvé leur place dans ton histoire.
Femme, je nous aime. Pour nos forces, nos failles, nos chemins sinueux et tout ce que nous sommes encore en train d’apprendre à aimer en nous.`
Ce que je retiens
Mélanie, elle était accompagnée de Léon, son joli chien. Et je trouve qu’ils se ressemblent, tous les deux. Ils ont cette façon d’être doux, discrets, sans jamais être absents. Une présence tranquille, qui ne prend pas toute la place, mais qu’on ressent pleinement.
Mélanie, elle est d’une douceur qui me touche. D’une délicatesse qui m’émeut. Quand je l’écoute parler, je me dis qu’elle est tout ce que je ne suis pas, et peut-être aussi tout ce que j’aimerais être un peu plus. Elle a cette façon de s’exprimer, de choisir ses mots, de raconter les choses qui m’a immédiatement détendue. Je lui ai même dit que ça me faisait le même effet que l’ASMR. Cette chaleur qui se diffuse doucement, ce sentiment de bien-être presque cotonneux. Comme si, pendant un instant, tout pouvait ralentir.
Mélanie, sa douceur, elle ne se limite pas à ses mots. Elle se devine dans ses gestes, dans sa façon d’habiter son corps, dans ce qu’elle dégage sans même chercher à le faire. Il y a chez elle une force douce, une présence profonde, quelque chose qui ne cherche pas à impressionner et qui, pourtant, reste.
J’aime les gens exubérants, ceux qui débordent, qui font du bruit, qui prennent la vie à bras-le-corps. Mais j’aime aussi les discrets. Ceux qu’on ne remarque pas forcément au premier regard, parce qu’ils se tiennent un peu en retrait. Ceux dont on découvre la profondeur en prenant le temps. Et Mélanie, elle a cette présence délicate qui donne envie de s’approcher, d’écouter, de rester un peu plus longtemps.
Mélanie, elle est belle. Pas seulement jolie. Touchante. Émouvante. De ces personnes dont la beauté se mêle à ce qu’elles dégagent, à ce qu’elles nous font ressentir. De celles qu’on a envie de photographier avec beaucoup de douceur, pour ne pas brusquer ce qui se dévoile.
Mélanie, j’ai adoré ce moment avec toi. Il s’est éternisé, d’ailleurs. En partie parce que j’ai eu la merveilleuse idée de me lancer dans la préparation de rouleaux de printemps à 14 heures, ce qui a considérablement rallongé notre journée. J’avais la tête en vrac, et pourtant, je me suis sentie apaisée par ta présence. Et ça, c’est rare. Les gens qui apaisent simplement en étant là, sans rien avoir à faire, sans même en avoir conscience.
Alors j’espère que tu te retrouveras dans ces mots. Que tu reconnaîtras un peu de toi dans ce que j’ai vu, dans ce que j’ai ressenti à tes côtés. Et que tu te regarderas avec cette même tendresse que celle que tu inspires.
Mélanie, merci. Encore. 🤍
Si vous aussi vous avez envie d’oser un pas vers vous-même, je serais heureuse de vous rencontrer.
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