Femme qui rit …

« Femme qui rit, à moitié dans son lit. »
Qui n’a jamais entendu cette expression ?
Expression sexiste, carrément lourde.
Travaillant en contact avec le public, croyez-moi, je l’ai entendu un paquet de fois !

Hier, sur les réseaux sociaux, j’ai partagé une affiche avec une petit texte explicatif.
Aujourd’hui, je vous livre quelques témoignages de situations que j’ai vécu.

Une fois, avec une ex petite amie, nous nous sommes fait suivre dans les rues Cadurciennes par un homme en parka jaune. Il a attendu que nous soyons dans une petite rue pour nous arrêter et nous demander si nous accepterions de faire l’amour devant lui pour 50€. En nous demandant cela, il a sorti son pénis et a commencé à se masturber.
Bien entendu, nous avons refusé et nous sommes parties le plus vite possible. Il a continué a nous suivre, nous a demandé de « juste » nous embrasser, en se rapprochant de nous et en continuant, toujours, à se tripoter.
Nous avons réussi à partir, pour aller prévenir mon père qui nous a emmenées au commissariat. Bien-sûr, l’homme n’a jamais été interpellé.
J’avais 16 ans.

Une autre fois, à 15 ans cette fois. J’étais en soirée avec des amis. Vers une heure du matin, mon portable sonne. Il s’agit d’un numéro que je ne connais pas mais, inquiète, je réponds.
Commence alors un petit jeu avec mon interlocuteur inconnu. Celui-ci s’amuse à essayer de me faire deviner qui il est. J’apprends alors que ce jeune homme a environ 28 ans, donc 13 de plus que moi, qu’il m’a suivi à la sortie du bus pour aller chez moi. Qu’il sait où j’habite, où se situe ma chambre dans l’appartement, quel genre de musique j’écoute. Qu’il sait que je suis en seconde au lycée Clément Marot, que ce soir je suis en soirée avec ma classe. Il me dira qu’il s’appelle Romain. Ces appels ont duré un long moment, mais j’ai eu la chance de déménager quelques jours après son premier appel. Il n’a donc jamais su où je partais.
A ce jour, je ne sais toujours pas qui il était.

Un autre jour, j’avais 19 ans. J’étais avec mon amie de l’époque. Nous étions dans l’appartement de mon père. Il était environ minuit et nous étions dans le salon. Pour situer l’appartement, nous étions au quatrième et dernier étage. D’un seul coup, nous avons vu une point rouge de laser dans la maison. Vous savez, les petits lasers qui rendent fous les chats. Donc, le laser était pointé sur nous, au plafond, partout dans le salon. Nous sommes allées sur le balcon vérifier d’où ça pouvait venir. En contre-bas, nous avons aperçu une ombre se cacher dans les buissons. Nous sommes reparties et le laser a repris de plus belle.
Je me suis cachée sur le balcon, pour voir qui nous faisait ça. Il s’agissait d’un jeune homme d’une trentaine d’années, que nous connaissions à l’époque sous le nom de Fouad. Un jeune homme étrange qui harcelait les filles. Des rumeurs déplaisantes circulaient sur lui.
Agacée, je lui ai donc crié de partir. Les lasers se sont arrêtés.
A trois heure du matin, j’ai entendu des bruits devant la porte de mon appartement, le seul sur le dernier palier. J’ai cru que c’était mon chat, qui était habitué à sortir et rentrer. J’ai donc ouvert la porte, en petite culotte, après avoir vérifié par le juda qu’il n’y avait personne ni de lumière allumée. Il faisait noir, j’ai donc ouvert pour ouvrir à mon chat.
Sur le pallier, je me suis retrouvée face à Fouad. Avec son laser, dans le noir, entrain de gratter à la porte et d’essayer de regarder par le juda. Choquée, j’ai crié sur lui. Il est reparti en courant.
Depuis, j’ai déménagé. Mais entre temps, il m’a encore suivi dans le bus, dans les chemins. Il était toujours dans mon immeuble et quand il me voyait arriver, il partait en courant en montant les escaliers. Sauf qu’habitant tout en haut, je ne le croisais pas… Il se cachait dans les placards.

Un soir, à Limoges.
Je partais chercher mon amie qui venait de finir son service dans un restaurant. Il était une heure ou deux du matin. Je marche dans les rues, sous la pluie et donc avec une capuche sur la tête.
Je tombe sur un groupe de jeunes hommes et un m’attrape par l’épaule. Je me retourne, surprise et effrayée. Je me retrouve face à un poing américain. A quelques centimètres de mon visage. Par réflexe, je ferme les yeux, attendant le coup. C’est là que le jeune homme s’écrit « Aaah mais t’es une fille ! J’avais pas vu avec ta capuche ! Tu as de la chance, je ne vais pas te casser la gueule du coup. »
Je ne réponds pas, un peu sonnée. Il renchérit : « Par contre, t’es bonne, ça te dirait de baiser avec nous ? » Ils était 5. J’ai refusé. Il a insisté, me tenant toujours l’épaule.
Heureusement, un groupe d’autres jeunes est arrivé. Ils m’ont donc lâché et sont partis.

14 ans cette fois. Mon premier petit copain.
Nous sommes, ensembles, à la fête de la musique. Il m’embrasse pour la première fois en fin de soirée, quand nous nous retrouvons tous les deux. Jusque là, rien de plus banale. Je déteste ce baiser, mouillé. Je le déteste vraiment. Je trouve cette sensation très désagréable mais je me dis que c’est normal, vu que la première fois.
Ensuite, il me demande de me mettre à genoux pour lui faire une fellation. Je refuse, choquée, il insiste. Je m’agace, lui met une gifle et repart vers mes amis.
Ce garçon m’a harcelé jusqu’à mes 18 ans. En m’appelant, m’envoyant des messages, essayant de m’embrasser quand on se croisait, alors qu’il était avec sa copine, m’envoyant des photos de son pénis, essayant de tromper ses copines avec moi, m’envoyant des lettres d’amour, me suivant quand on se croisait.

Je me souviens aussi d’une relation avec un homme qui m’a quittée parce que nous ne pouvions avoir de relations sexuelles à ce moment là. La raison ? J’avais des problèmes gynécologiques et donc mes règles depuis environ 3 mois, non-stop.

Là où je travaille, il y a un homme du village qui m’a ajouté sur Facebook. Un jour, il a commenté une de mes photos de profil pour me dire que j’étais super sexy et qu’il avait envie de moi. Il a insisté et l’a même marqué sur mon mur. Il a écrit publiquement que je le faisais bander. Je l’ai bloqué partout sur les réseaux. Mais comment empêcher quand je le vois tous les jours ?
Un jour, je faisais une visite guidée avec un groupe, il était au bar et m’a crié que j’étais sexy et que je l’excitais, devant les touristes interloqués.
Je suis donc allée le voir pour lui dire que c’était inadmissible et que je ne tolérais pas ce comportement. Depuis, il s’est calmé et se contente de me crier que je suis jolie. Il ne me parle plus de sexe, même si son regard et trop insistant.

Je ne vous parlerai pas des touristes lourds, qui draguent alors qu’ils pourraient être mon père, voir mon grand-père. Ni de ceux qui touchent les fesses dans la rues, dans les transports en commun, dans les concerts. Ni de ceux qui t’insultent quand tu ne leur donne pas satisfaction. De ceux qui te menacent, ceux qui te harcèlent.

Voilà pour mon témoignage. Bien-sûr, je n’ai mis que les histoires les plus « grosses ». Parce que des moins importantes, il s’en passe trop régulièrement.

ATTENTION : Je ne généralise. Je fais très bien la différence entre les hommes sexistes, qui sont heureusement de moins en moins et les hommes biens. Et il y en a des tonnes, des hommes biens !

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