Je pense au feu et l’herbe est gelée.
Je pense au feu et la terre craque sous mes pieds.
Je pense au feu et je me demande pourquoi la bouteille de gaz est restée intacte.
Je pense au feu et ça m’empêche de dormir.
Je me réveille tremblotante, gelée, pourtant je ne pense qu’aux flammes.
Je pense au feu et j’ai la gorge nouée.
Je sens le feu et j’ai des réminiscences.
Je pense au feu et rien ne bouge.
Je pense au feu et je frissonne.
Je pense au feu et à la salle de bain et sa grande baignoire.
Je pense au feu et tout se mélange.
Je pense au feu qui a toujours été la mort.
Je pense au feu et j’ai envie de hurler.
Je pense au feu et au canapé brûlé.
Je pense au feu et aux médicaments.
Je pense au feu et au dernier message.
Je pense au feu et je ne veux pas voir.
Je pense au feu alors que je suis proche de l’eau glaciale.
Je regarde le chien sauter, encore et encore.
Les maisons brûlent et je ne vois que mes larmes.
Je pense au feu et j’ai le souffle coupé.
J’ai froid alors je remet un bois.
Je le regarde brûler.
Comment est-ce qu’il peut être aussi chaleureux et destructeur à la fois ?
Je pense au feu et je pense à maman.
Je pense au feu et je pense à la vallée.
Je pense au feu et le monstre sur la poitrine prend toute la place.
Je pense au feu alors je fais des randonnées dans le gel.
Comme pour atténuer.
Comme pour éteindre ce feu et les images.
Celles qui prennent toute la place.
Je ne peux regarder la maison en face.
Ni celle de l’enfance, ni celle de la vallée.
Maman est en cendre.
J’ai la bouche sèche.
Tu as allumé le gaz mais c’est moi qui brûle.






























