Le vrac et la tête

Est-ce que, toi aussi, tu t’es déjà regardé dans le miroir, sans te reconnaître ?
Tu sais, te regarder pendant de longues secondes, à te demander qui est l’étranger dans ce reflet. Le vertige et le vide.
La sortie de corps et les frissons.

Ce matin, je me suis réveillée et je me suis préparée. Et puis, je me suis regardée, pour de vrai.
Quelques secondes, les yeux dans les yeux.
Et j’ai eu peur. Une vraie peur. Viscérale.
De celle qui fait le coeur palpiter.
De celle qui donne la chair de poule.

J’ai lâché mes yeux du regard et j’ai été bouleversée.
Encore un déraillement de mon cerveau défaillant ?

Et puis, je me suis demandée, est ce que toi aussi, tu t’es déjà réveillé dans la nuit, sans savoir qui tu étais et où ?
En panique, en sueur, pendant des secondes éternelles, à ne plus rien savoir. À ne plus rien connaître.

Est-ce que tu es déjà rentré chez toi sans savoir, l’espace d’un instant, où était ce chez toi ?
Le temps arrêté et les oreilles qui bourdonnent.

Et tu es sûr de qui tu es, toi ? Tu es sûr de ta place et surtout de ton chemin ?
J’ai trente ans et je n’imaginais pas que le monde des adultes étaient comme il est.

Moi, j’avais l’espoir que tout s’arrangerait en grandissant. Que les gens seraient là, même dans les moments les plus douloureux. J’étais sûre que si je connaissais un drame, je serai entourée, réchauffée, pour toujours.

Et puis, je n’ai pas été si réchauffée que ça. J’ai eu encore plus mal qu’après l’une de mes chutes de cheval. J’ai été trahie par des gens que j’aimais. Des amis, mais aussi de la famille.
D’ailleurs, est-ce que tu savais, toi, que la famille ce n’est pas toujours les liens du sang ?
Moi, je l’ai appris au tout début de ma vie d’adulte. Quand cette femme, qui devait être ma grand-mère, m’a regardé dans les yeux et m’a dit que tout ça, c’était ma faute.
D’autres ont quitté mon chemin et, finalement, je crois que c’est mieux comme ça.

Est-ce que tu savais, qu’on peut aimer des gens plus que tout et ensuite les oublier ? Les rayer de notre coeur ? Moi non, mais j’ai appris.
Tu savais aussi que les gens qui viennent à ton enterrement n’ont parfois jamais été là pendant ta vie ? Qu’ils versent des larmes, beaucoup trop tard, alors qu’ils t’ont tourné le dos mille fois ?

Je plante des fleurs, j’immortalise et j’écoute les cigales.
Et croyez moi, c’est déjà pas mal.


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