Courir

Elle pouvait courir et encore courir.
Elle pouvait rire, dans des bars, dans des salles de concerts ou dans de petits théâtres sombres.
Elle savait être seule, même entourée.
Elle voyageait, elle apprenait, elle s’émouvait.
Elle aimait, énormément.

Oui, elle pouvait faire tout cela.

Mais là, tapi dans l’ombre, ça revenait, toujours.
Quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, c’était là.

Pour qui la regardait vraiment, c’était au fond de ses yeux, déjà si sombres.

C’était là, toujours là.
Et ça la grignotait, de l’intérieur.
Petit à petit.
Comme des rats dans un grenier, des mites dans de vieux draps.
Ca la rongeait, inlassablement.

Dans les bras d’amoureux, lors d’affectueuses étreintes, sur les plages de sable, au soleil et sous la pluie.

Ca la détruisait, à chaque instant.
Dans chaque geste, chaque mot.
Quand elle se levait le matin et se couchait le soir.
Même dans les bras de Morphée.

Elle pouvait courir, oui, sur cette longue route de campagne, sous cette pluie battante du mois de janvier.
Au milieu de ces arbres serrés, dans ces collines brumeuses.
Elle pouvait essayer de le fuir, mais elle n’irait jamais assez vite.
Assez vite pour ne pas en mourir.

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